Selon une croyance lao d’origine chamanique, les âmes d’un être humain ou d’un animal qui, en temps normal, occupent, pour les vitaliser, des régions spécifiques de son corps, peuvent les quitter sous le coup d’une émotion, de la séduction d’un être ou d’un lieu agréable, ou encore par suite de leur capture par un esprit dangereux.
Leur absence est de nature à provoquer troubles, maladies voire la mort. Le cas échéant, on organise le rite de sou khouan (« Rappel des âmes ») auquel sont conviés la famille, les amis et les voisins. Un officiant lance un appel vers divers mondes à l’intention des âmes manquantes, les engageant à revenir sans tarder. Pour les y inciter, on a déposé sur un plateau rond, surmonté d’une pyramide de fleurs, tout ce dont ces petites âmes sont friandes : des oeufs, du poulet, du riz, des gâteaux, etc.
Lorsque après les appels répétés, celles-ci sont censées avoir réintégré le corps de leur propriétaire, l’officiant les empêche de repartir en attachant des cordonnets de coton blanc aux poignets du patient (les oreilles ou les pattes dans le cas de l’éléphant ou du buffle, seuls animaux concernés par le rite).
Outre les cas de maladie, le rite de sou khouan est aussi pratiqué à l’occasion des départs, des arrivées, des mariages et des promotions professionnelles, etc., bref, en toute occasion pouvant provoquer le départ des âmes, et elles sont nombreuses au Laos !
